La forêt noire se referme. La nuit s'éveille.
Portée par l'éclat de la lune, je cours. Sur les pleines vermeilles, je cours. Ma vie passe au gré du temps. Sur la Grande Horloge elle tourne, et se rapproche. L'aiguille la touche presque...Presque. Tic Tac. Tic Tac. Tic Tac. L'aiguille avance, j'avance, je cours...
Je cours et j'échappe. Je cours et je tombe. Je sens le sang sur l'herbe fraîche. Je sens la peur dans mon ventre. Je cours, je cours. Il me rattrappe, je replonge dans les ténèbres. Débauche du corps et de l'âme, prisonniers du Mal. L'ombre encapuchonnée me fixe. Mains attachées, je tremble. Métal glacé sur ma peau albâtre. Enchaînée, je tremble. Il domine. Claquement de la sentence. La morsure du fouet sur ma peau. Encore. Plus fort. Toujours plus fort. Le sang sur mon corps. Ils coulent. Minces filets macabres. J'ai mal, j'ai mal, j'ai mal...Je crie. Ses dents plongent dans ma chair. Arrache. Arrache ma peau, bois mon sang. Il coule, encore. Il boit, inlassable. J'ai mal, je crie. Il me prend, abuse. J'ai envie, besoin, et je ne veux pas, tout à la fois. Je me perds, je me perds. Je crie, je jouis. Le couteau d'argent transperce mon corps. Part en part, ma chair se soumet à la lame fatale. Transperce, mes organes. Transperce mes veines. Transperce ma peau. Transperce mon âme. Je crie. Je crie...
Mes yeux se ferment sur les tourments de ma chair. Je sens la vie s'écouler hors de mon être. Elle s'envole, loin d'ici, loin de tout cela. L'obscurité me gagne, lentement. La douleur me dévore, surement. Mon sang s'écoule, une flaque rougeâtre autour de mon corps mutilé. Mes vicères s'éparpillent, macabre mise en scène. Fin, fin du spectacle. Abusée, mutilée, éventrée, assassinée. Crève! Crève! Crève!
Je crève...Jusqu'à la métempsychose infernale.